Courir quand il fait chaud, pourquoi vos allures baissent si vite

Coureur seul sur un parcours chaud
Image d'illustration. Les premiers jours chauds durcissent l’effort. — ADN

Si vos sorties semblent soudain plus dures dès les premiers jours chauds, ce n’est pas forcément une baisse de forme. Le corps doit d’abord s’adapter.

En bref

  • La chaleur fait monter l’effort à allure égale
  • Le corps s’adapte souvent en 7 à 10 jours
  • Hydratation et récupération comptent davantage l’été

Vous courez, l’allure est la même qu’au printemps, et pourtant tout semble plus dur. Le piège, c’est de croire tout de suite à une baisse de forme. En réalité, lors des premiers jours chauds, le corps n’a souvent tout simplement pas encore appris à gérer la chaleur.

Non, vous n’avez pas perdu votre niveau

Le scénario est classique. Le cœur grimpe plus vite, la respiration devient plus lourde, les jambes tirent plus tôt que prévu. Et on se dit qu’on a régressé. Mais non. Vous n’avez ni oublié de courir, ni effacé le travail des derniers mois.

Ce qui change, c’est le contexte. Quand la température monte, les allures habituelles cessent d’être confortables, même si l’intensité de départ paraît identique. Vouloir tenir les mêmes chronos que par temps frais, c’est souvent l’erreur qui fatigue encore plus.

Ce que le corps fait pour ne pas surchauffer

Quand on court, les muscles fabriquent beaucoup de chaleur. Pour éviter que la température corporelle ne grimpe trop, l’organisme déclenche ses systèmes de refroidissement, surtout la sudation. Le souci, c’est que ce refroidissement a un coût.

Une plus grande part du sang est envoyée vers la peau pour dissiper la chaleur. Du coup, une partie du flux sanguin qui sert d’ordinaire aux muscles est mobilisée ailleurs. Le cœur doit alors travailler davantage pour un effort pourtant similaire. C’est pour cela que les pulsations montent alors que l’allure n’a pas changé. Ce phénomène porte un nom, la dérive cardiaque.

L’acclimatation prend quelques jours, pas une séance

La bonne nouvelle, c’est que le corps sait s’adapter. Mais pas en vingt-quatre heures. Les spécialistes estiment que l’acclimatation à la chaleur demande en général entre sept et dix jours, avec une exposition progressive.

Pendant cette période, plusieurs ajustements se mettent en place. L’un des plus importants concerne le volume de plasma sanguin, la partie liquide du sang, qui augmente. Résultat, le corps conserve mieux ses liquides, maintient une circulation plus efficace et gère mieux les grosses suées. On commence aussi à transpirer plus tôt et à mieux réguler sa température.

Les signaux utiles à surveiller avant et après la sortie

Il y a un repère simple à regarder pendant les premiers jours chauds, la fréquence cardiaque au repos. Si elle reste plusieurs jours de suite entre cinq et huit pulsations au-dessus de votre niveau habituel, cela peut signaler une fatigue qui s’accumule ou une adaptation encore incomplète. Dans ce cas, lever le pied ou ajouter un jour de repos est souvent plus malin.

Et l’hydratation ne commence pas quand la soif arrive en courant. Elle se prépare avant la sortie. Arriver bien hydraté aide à préserver le volume sanguin et facilite la régulation de la température. Après un entraînement long ou très chaud, il faut aussi compenser ce qui a été perdu par la sueur, pas seulement l’eau, mais aussi des minéraux comme le sodium et le potassium.

Bref, si vos allures baissent au début de l’été, ce n’est pas forcément un mauvais signal. Souvent, c’est juste un corps qui apprend.

Monique Lefèvre

Spécialiste Sport

Nutritionniste à la retraite du nord de la France.

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