Une douleur qui revient toujours au même endroit après une entorse peut cacher un impingement de cheville. Une lésion peu connue, mais gênante.
En bref
- Une entorse mal guérie peut laisser un impingement.
- La douleur est précise et revient au mouvement.
- Il faut éviter de forcer une cheville douloureuse.
On connaît tous ce scénario. Une entorse semble passée, on remarche, on reprend vite, puis la cheville recommence à faire mal au même endroit. Et parfois, ce n’est pas une simple gêne qui traîne.
Quand la cheville ne redevient jamais vraiment normale
Mais une lésion encore peu connue surgit, l’impingement de cheville, aussi appelé syndrome de conflit ou de pincement. En gros, des structures à l’intérieur de l’articulation se retrouvent coincées quand on bouge la cheville. Cela peut toucher l’os, les ligaments ou des tissus mous inflammatoires, souvent après des entorses précédentes.
Le résultat, ce sont des douleurs parfois intenses et une limitation du mouvement qui peuvent gêner la marche. Le piège, c’est que beaucoup de personnes pensent à une tendinite et laissent passer. Quand il y a toujours mal au même point et avec le même mouvement, il est très probable qu’on soit face à un pincement des structures articulaires de la cheville.
Les profils les plus exposés ne sont pas seulement les plus âgés
Ce n’est pas surtout une affaire d’âge. Cette lésion est davantage liée aux surcharges et aux blessures antérieures qu’à un problème dégénératif.
Sont particulièrement concernés les sportifs, notamment dans le football, la danse, la course ou les sports avec sauts et changements de direction. Mais pas seulement. Le risque augmente aussi en cas de talons hauts portés souvent, de surpoids, de pieds creux, d’instabilité de cheville ou d’altérations de l’appui.
Les signes qui doivent faire réagir
La douleur est généralement très localisée. Elle peut se situer à l’avant ou à l’arrière de la cheville et apparaître dans des gestes bien précis: s’accroupir, courir, descendre les escaliers, appuyer sur les pédales de la voiture ou se mettre sur la pointe des pieds.
On peut aussi ressentir une sensation de butée au mouvement, une raideur, ou une petite inflammation qui ne passe pas vraiment. Il y a enfin ce ressenti très parlant: la cheville qui ne redevient pas comme avant après l’entorse. Clairement, ce n’est pas à banaliser.
Ce qui aide à éviter l’aggravation
Première chose, bien soigner une entorse et ne pas reprendre trop vite ses activités, même si la douleur a baissé. On conseille aussi des exercices de stabilité et de proprioception, un examen biomécanique de l’appui si les gênes reviennent, et des chaussures qui respectent la structure du pied.
Si l’impingement est déjà là, les podologues recommandent de ne pas continuer à forcer sur une articulation douloureuse et de faire évaluer la mécanique du pied et de la cheville. Les prises en charge les plus habituelles reposent sur la physiothérapie, un travail de mobilité contrôlée, des exercices spécifiques et des semelles personnalisées. Le point important, quand même, c’est d’agir tôt pour éviter que la lésion ne s’installe.