Périménopause : ce signe discret que beaucoup de femmes ratent

Une salle de bains domestique avec miroir, boîte
Image d'illustration. Une salle de bains domestique avec miroir, boîte — ADN

Troubles du sommeil, confusion sur les symptômes, repères flous : la périménopause commence souvent bien avant l’arrêt des règles.

En bref

  • Le sommeil perturbé peut annoncer la périménopause
  • Beaucoup de femmes ne reconnaissent pas les signes
  • La transition commence parfois avant les règles irrégulières

Vous vous réveillez à 4 heures du matin sans raison claire, puis impossible de vous rendormir. On pense stress, charge mentale, mauvais hasard. Et pourtant, ce type de trouble du sommeil peut faire partie des signes de la périménopause, une phase encore mal repérée alors qu’elle concerne une immense partie des femmes au fil de la vie.

Quand le corps change sans prévenir vraiment

Le point qui revient souvent, c’est celui-là : beaucoup attendent des règles irrégulières pour envisager la périménopause. Or, c’est une idée trompeuse.

En effet, de nombreuses femmes développent des symptômes des années avant que leur cycle ne change de façon visible. L’une des plus grandes idées reçues est de croire que la périménopause ne commence que lorsque les règles deviennent irrégulières ou s’arrêtent complètement. Et ça change pas mal de choses dans la vraie vie, parce qu’on ne pense tout simplement pas aux hormones.

Pourquoi tant de femmes passent à côté

Les chiffres montrent bien le flou. Une vaste étude de The Menopause Society, menée auprès de 7 600 participantes, indique qu’un tiers des femmes de plus de 35 ans ne savent pas vraiment si elles sont en périménopause. Plus marquant encore, 56% disent ne pas savoir quels symptômes elles doivent attendre.

L’éducation sur la ménopause reste insuffisante. Le sujet a aussi été historiquement sous-étudié, ce qui laisse environ la moitié des personnes entrant dans cette période sans repères solides sur les changements du corps, ni sur la manière de les gérer. Bref, ce manque d’information n’a rien d’anecdotique.

Le sommeil, un signal souvent minimisé

On parle souvent des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes. Mais ce n’est qu’une partie du tableau. Le sommeil, lui, revient très souvent.

D’après une étude de la British Menopause Society, entre 40% et 56% des personnes en périménopause rapportent des problèmes de sommeil. Il n’y a pas une seule cause. La recherche cite notamment l’insomnie, les troubles respiratoires liés au sommeil et certains troubles du mouvement pendant la nuit. On note aussi que certaines femmes se réveillent à cause des sueurs nocturnes, tandis que d’autres ouvrent simplement les yeux très tôt et ne parviennent plus à se rendormir, alors même qu’elles ont toujours bien dormi.

Ce que recouvre vraiment la périménopause

La périménopause, c’est la phase de transition avant la ménopause, quand le corps se prépare à l’arrêt des menstruations. Elle survient le plus souvent vers le milieu de la quarantaine, mais peut commencer plus tôt. En général, elle dure autour de quatre ans.

La ménopause, elle, est retenue quand il n’y a eu aucun cycle menstruel pendant 12 mois consécutifs. Ce repère est simple. Ce qui l’est moins, c’est tout ce qui se passe avant. Et c’est justement pour ça qu’un réveil nocturne répété mérite parfois qu’on le regarde autrement.

Monique Lefèvre

Spécialiste Santé

Nutritionniste à la retraite du nord de la France.

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