Cette urgence oculaire ne fait pas mal, et c’est bien le piège. Certains signes visuels doivent pousser à consulter vite, surtout après 50 ans.
En bref
- Le décollement de rétine est indolore mais urgent
- Flashs, mouches volantes, ombre latérale doivent alerter
- Une intervention rapide améliore nettement le pronostic
On connaît tous ce réflexe, attendre un peu quand quelque chose ne fait pas mal. Avec un décollement de la rétine, c’est justement ce qui le rend dangereux.
Le 27 septembre, sa journée mondiale remet en lumière une pathologie que la Société espagnole d’ophtalmologie classe parmi les maladies de l’œil les plus graves si elle n’est pas traitée. Interrogé à Madrid, l’ophtalmologiste Jesús Pareja, chef de la section rétine de la Clínica Rementería, rappelle qu’on en voit plus souvent qu’on ne l’imagine, surtout entre 50 et 75 ans.
Le vrai danger, c’est qu’on ne sent rien
La rétine, c’est le tissu qui tapisse la paroi interne de l’œil. Quand elle se décolle, les conséquences peuvent être lourdes, jusqu’à une perte de vision, voire, dans les cas laissés à eux-mêmes, une perte physique de l’œil.
Selon l’Académie américaine d’ophtalmologie, le vitré se déplace normalement sans créer de souci. Mais il peut parfois adhérer à la rétine, tirer assez fort pour la déchirer, puis laisser passer du liquide sous cette déchirure. C’est ce liquide qui soulève la rétine. Le problème, dit Jesús Pareja, c’est que tout cela est indolore. Et du coup, on consulte parfois trop tard.
Mouches volantes, éclairs, ombre latérale : les alertes à connaître
Les signes à surveiller sont visuels. Des mouches volantes qui apparaissent, des flashs lumineux, une vision qui devient floue, ou encore une ombre sur le côté du champ visuel qui s’étend peu à peu.
Bon, ces symptômes ne veulent pas dire à eux seuls qu’il y a décollement. Mais ce sont des signaux d’alerte clairs, et ils méritent une consultation rapide chez un ophtalmologiste.
Avec l’âge, la myopie ou un choc, le risque augmente
Le vieillissement du vitré joue un rôle central. Avec le temps, cette substance transparente à l’intérieur de l’œil se modifie, se rétracte et devient plus fine, ce qui peut fragiliser la rétine, rappelle la Société espagnole d’ophtalmologie.
À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme la myopie, une inflammation dans l’œil, un antécédent de décollement dans l’autre œil, une opération de la cataracte avant 40 ans ou un terrain familial. Chez les plus jeunes, Jesús Pareja cite aussi les traumatismes. Il évoque notamment les coups de balle au padel, capables d’écraser brièvement l’œil puis de provoquer un décollement traumatique du vitré.
Une prise en charge rapide peut vraiment changer la suite
Il y a quand même un point rassurant. Quand la rétine est opérée vite, le pronostic est bon dans 85 à 90 % des cas. La vision peut être récupérée.
Ce qui pèse beaucoup, c’est le délai, et le fait que la macula, la zone centrale de la rétine, soit ou non restée en place. Si elle n’est pas décollée, la récupération peut parfois être complète. Mais la rétine ne se régénère pas. Pour prévenir au mieux, Jesús Pareja conseille un suivi ophtalmologique, surtout en cas d’antécédents personnels ou familiaux, ainsi que deux bases simples au quotidien, ne pas fumer et éviter l’exposition solaire directe.