Une épice oubliée dans vos placards s’avère plus efficace que la cannelle contre la glycémie

Gros plan de la poudre de gingembre fine
Image d'illustration. Gros plan de la poudre de gingembre fine — ADN

Souvent oubliée dans nos cuisines, une épice discrète révèle des propriétés remarquables pour réguler le taux de sucre dans le sang, surpassant même la cannelle selon certaines études et suscitant l’intérêt des spécialistes de la nutrition.

Tl;dr

  • Le gingembre surpasse la cannelle pour la glycémie.
  • Ses effets s’expliquent par ses polyphénols et antioxydants.
  • Effet optimal avec une alimentation variée et équilibrée.

Gingembre : un allié majeur pour réguler la glycémie

Si l’on a longtemps vanté les mérites de la cannelle pour contrôler le sucre sanguin, les dernières recherches scientifiques bousculent ce réflexe largement répandu. Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Nutrients remet en lumière un acteur de choix dans la gestion de la glycémie : le gingembre.

Cette épice courante devance désormais la cannelle parmi les remèdes naturels soutenus par des données robustes, notamment chez les personnes atteintes de diabète de type 2.

Mieux que la cannelle ? Les preuves scientifiques s’accumulent

Les résultats ne laissent guère place au doute. En compilant 77 études — dont 45 en méta-analyse — des chercheurs ont comparé plusieurs épices du régime méditerranéen : cumin noir, safran, thym, origan… mais aussi bien sûr le fameux gingembre.

Selon le bilan rapporté par Doctissimo, seules quatre épices ressortent nettement pour faire baisser la glycémie à jeun : le gingembre, la curcumine, le safran et la cannelle. Parmi elles, le gingembre tire son épingle du jeu en agissant également sur l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et les taux d’insuline, deux indicateurs clés pour maîtriser le diabète.

Comment agit le gingembre ? Mécanismes et bienfaits secondaires

Pourquoi cet effet supérieur ? Le secret réside dans sa richesse en polyphénols, notamment le gingérol, réputé pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires puissantes. Le gingembre contient de puissants polyphénols qui combattent l’inflammation, ce qui pourrait indirectement contribuer à l’équilibre glycémique ». Cette action anti-inflammatoire est cruciale puisque l’inflammation chronique favorise l’insulinorésistance et complique durablement le contrôle du sucre sanguin.

De plus, il semblerait que le gingembre ralentisse la digestion des glucides en freinant certaines enzymes digestives spécifiques. Résultat : des pics de glycémie après les repas atténués. Plusieurs travaux mettent aussi en avant un impact positif sur le profil lipidique ou encore sur le taux de cholestérol — autant d’arguments qui intéressent particulièrement ceux cumulant prédiabète, surpoids ou excès de cholestérol.

L’art d’intégrer le gingembre au quotidien

Attention cependant : considérer le gingembre comme une solution miracle serait illusoire. Pour réellement tirer parti de ses atouts, il s’agit surtout d’adopter une hygiène de vie globale :

  • Miser sur une alimentation variée incluant légumes, fruits, légumineuses et oléagineux.
  • Bouger régulièrement tout en limitant tabac et sédentarité.

En cuisine, une pointe de poudre ou quelques lamelles fraîches agrémentent aussi bien plats salés que desserts ou infusions. Le message des experts rejoint ainsi celui de l’American Heart Association : c’est avant tout l’équilibre alimentaire qui reste déterminant… avec un petit coup de pouce aromatique signé gingembre.

Monique Lefèvre

Spécialiste Santé

Nutritionniste à la retraite du nord de la France.

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