Près de la moitié des cancers évitables seraient associés à seulement deux habitudes de vie, selon une étude récente. Ce constat met en lumière l’importance de certains comportements quotidiens dans la prévention du cancer.
Tl;dr
- Près de 40 % des cancers sont évitables.
- Tabac et alcool : principaux facteurs de risque modifiables.
- Une prévention ciblée pourrait sauver des millions de vies.
Une proportion majeure de cancers demeure évitable
D’après une récente analyse menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de quatre cas de cancer sur dix enregistrés en 2022 dans le monde auraient pu être prévenus. À la lumière de ces chiffres, difficile d’ignorer le poids colossal des facteurs comportementaux et environnementaux dans l’apparition de la maladie.
Tabac, alcool et autres risques évitables
Les conclusions du rapport s’appuient sur l’étude de trente facteurs dits « modifiables » : du tabagisme à la pollution atmosphérique, en passant par la consommation d’alcool, le surpoids ou encore certaines infections comme le virus HPV. Le tabac, lui, domine largement ce tableau : responsable à lui seul de 15 % des nouveaux cas, il frappe encore plus fort chez les hommes, où il contribue à près d’un quart des diagnostics annuels. Viennent ensuite l’alcool (3,2 %), mais aussi :
- L’exposition professionnelle à des substances toxiques ;
- L’insuffisance d’activité physique ;
- L’air pollué et les rayonnements UV.
Ensemble, le tabac et l’alcool représentent environ 48 % des cancers considérés comme évitables dans cette étude.
Cancers concernés et disparités régionales
Près de la moitié des cancers du poumon, de l’estomac ou du col de l’utérus pourraient ainsi être évités par une meilleure prévention. La pollution atmosphérique joue un rôle non négligeable dans certaines régions : en Asie de l’Est, elle serait impliquée dans 15 % des cancers du poumon féminins ; au Maghreb et en Asie occidentale, environ un cinquième des cas masculins.
Concernant les femmes, l’infection par le HPV reste le facteur prédominant pour les cancers du col utérin – alors même que le vaccin reste trop peu diffusé à travers le monde.
Vers une mobilisation accrue pour la prévention
Pour Isabelle Soerjomataram, épidémiologiste médicale à l’OMS, cette étude constitue une première mondiale par son approche exhaustive : « Cette évaluation intègre pour la première fois les causes infectieuses aux côtés des risques comportementaux et professionnels. » Même son de cloche chez André Ilbawi, qui insiste sur la nécessité d’adapter les politiques publiques aux profils épidémiologiques locaux afin d’anticiper au mieux la maladie.
En définitive, cette analyse rappelle avec force que la lutte contre le cancer ne passe pas seulement par les traitements : elle implique également une action déterminée sur ses causes évitables. L’enjeu ? Préserver chaque année plusieurs millions de vies humaines grâce à une prévention ambitieuse et adaptée aux réalités du terrain.