La vitamine C est-elle réellement efficace contre le rhume ?

Gros plan sur oranges juteuses matinales
Image d'illustration. Gros plan sur oranges juteuses matinales — ADN

Alors que la vitamine C est souvent présentée comme un remède incontournable contre le rhume, de nombreux experts s’interrogent sur l’efficacité réelle de ce nutriment populaire pour prévenir ou atténuer les symptômes du fameux mal hivernal.

Tl;dr

  • La vitamine C essentielle, mais les excès sont inutiles.
  • Peu d’effets sur rhume, maladies cardiaques ou cancer.
  • L’alimentation variée suffit pour couvrir les besoins.

Les vérités sur la vitamine C : entre mythe et réalité

Si l’on croit volontiers que la vitamine C protège du rhume et booste l’immunité, les recherches récentes invitent à nuancer ces certitudes. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir les compléments alimentaires envahir nos placards, surtout à l’approche de l’hiver. Pourtant, la réalité scientifique s’avère bien plus nuancée.

À quoi sert réellement la vitamine C ?

La vitamine C, ou acide ascorbique, joue un rôle multiple et crucial dans notre organisme : antioxydant puissant, soutien du système immunitaire, assimilation du fer ou encore formation du collagène – indispensable à la cohésion des tissus, à la santé de la peau et des gencives. L’histoire se souvient d’ailleurs des marins touchés par le scorbut, conséquence directe d’une carence sévère. Cependant, un régime équilibré suffit largement à prévenir ce type de pathologie.

Pour rappel : notre corps est incapable de produire cette vitamine. Nous devons donc l’obtenir via notre alimentation : légumes (40%), fruits (19%) et jus (29%) constituent nos principales sources. À noter que la molécule présente dans les suppléments est strictement identique à celle issue des aliments. Toutefois, manger des fruits et légumes apporte aussi fibres, flavonoïdes et autres composés synergiques qui optimisent l’absorption.

Rhume, cœur, cancer : quelle efficacité prouvée ?

Depuis plusieurs décennies, la vitamine C bénéficie d’une image flatteuse dans la prévention du rhume. Les études accumulées montrent pourtant qu’une supplémentation régulière (dès 200 mg par jour) n’en diminue ni l’incidence ni vraiment la gravité – tout au plus une très légère réduction de la durée des symptômes si elle est prise en amont de la maladie.

Du côté des maladies cardiovasculaires ou du cancer, le constat reste similaire. Les résultats convergent : ni infarctus ni accidents vasculaires cérébraux ne reculent grâce à une cure de vitamine C. Quant aux cancers majeurs (poumon, sein, côlon…), aucune preuve tangible d’un effet protecteur n’émerge.

Voici ce qu’il faut garder en mémoire :

  • Les bénéfices attendus sont minimes chez l’adulte sain.
  • L’excès ne protège pas mieux et peut même poser problème.

Risques liés à une consommation excessive

Le besoin quotidien recommandé pour un adulte se limite à 45 mg – facilement atteint avec un simple verre de jus d’orange. Le seuil maximal toléré s’établit à 2 000 mg. Au-delà apparaissent nausées, diarrhées voire calculs rénaux chez certains individus – notamment en cas d’insuffisance rénale.

En somme : pour une personne en bonne santé adoptant une alimentation variée composée d’agrumes, légumes verts ou tomates… le recours systématique aux comprimés s’avère non seulement superflu mais aussi potentiellement risqué.

Monique Lefèvre

Spécialiste Santé

Nutritionniste à la retraite du nord de la France.

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