Devenu un ingrédient tendance sur les réseaux sociaux, le sésame noir est vanté pour ses nombreux bienfaits supposés. Que dit réellement la science sur ces graines noires et leurs propriétés nutritionnelles ? Décryptage des faits.
Tl;dr
- Le sésame noir contient plus d’antioxydants et nutriments.
- Peu de preuves de bénéfices santé supérieurs.
- Aucune preuve qu’il inverse les cheveux gris.
L’engouement autour du sésame noir : un effet de mode ?
Devenu en quelques semaines l’un des ingrédients phares sur les réseaux sociaux, le sésame noir intrigue autant par sa couleur sombre que par sa saveur légèrement torréfiée. Nombreux sont ceux qui affirment désormais, souvent sans nuances, que ces petites graines seraient bien meilleures pour la santé que les blanches : on leur prête la capacité de faire baisser le cholestérol, d’abaisser la glycémie ou encore – pourquoi pas – de faire repousser les cheveux gris.
Mais à y regarder de plus près, cette popularité récente n’est pas sans rappeler celle du matcha, ce thé vert venu d’Asie qui avait suscité des promesses similaires.
Sésame noir versus sésame blanc : quelles différences nutritionnelles ?
Cultivé depuis des siècles en Asie, le sésame se décline en variétés blanche, jaune et noire. Il entre dans la composition de nombreux plats salés et sucrés et reste une source notable de protéines et d’huiles végétales grâce à une teneur élevée en matières grasses (entre 50 et 64 %). Toutefois, quelques différences existent entre le sésame noir et son homologue blanc. Le premier affiche généralement des niveaux supérieurs en lipides, protéines, glucides… mais également en calories. Les apports en vitamines et minéraux tendent aussi à être plus élevés dans la version noire.
Mais attention : tous ces chiffres se rapportent à une portion de 100 g – soit bien plus que ce qu’on consomme au quotidien. La plupart du temps, le sésame se retrouve saupoudré sur un plat ou intégré à des produits gourmands comme le halva ou la pâte de tahini.
Vertus antioxydantes… mais preuves limitées chez l’humain
En matière d’antioxydants, plusieurs études pointent vers une concentration accrue de phénols et lignanes (notamment la sésamine) dans le sésame noir. Ces composés participeraient à neutraliser les radicaux libres responsables du vieillissement cellulaire. Certains travaux menés sur des modèles animaux suggèrent même des effets bénéfiques sur la pression artérielle ou le cholestérol. Cependant, comme souvent dans ce domaine, il subsiste un fossé entre résultats expérimentaux et bénéfices réels constatés chez l’homme.
D’ailleurs, une revue systématique regroupant six études et 465 participants a rapporté une baisse modérée du BMI, de la tension artérielle ou du cholestérol après consommation quotidienne de graines ou d’huile de sésame (0,06 à 35 g/jour). Toutefois, ces recherches présentent plusieurs biais méthodologiques limitant la portée de leurs conclusions.
Voici ce que disent les experts quant à ses usages courants :
- Son potentiel antioxydant est supérieur au sésame blanc.
- L’impact clinique chez l’humain demeure peu documenté.
- Aucune preuve solide concernant la prévention des cheveux gris.
Plaisir gustatif avant tout… sous réserve d’allergie
La question revient alors : faut-il adopter massivement le sésame noir ? Rien ne l’impose. Consommées avec modération, toutes les variétés offrent un intérêt nutritionnel certain. Un bémol cependant : environ 0,1 à 0,9 % de la population souffre d’une allergie au sésame – pouvant aller jusqu’à l’anaphylaxie dans les cas sévères.
In fine, varier son alimentation reste encore la meilleure garantie pour faire le plein de nutriments… sans céder trop vite aux sirènes éphémères des superaliments viraux.